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Issa Hayatou : "La CAN 2017 sera ma dernière"
(19/03/2013)
Issa Hayatou balaie les critiques sur sa réélection par acclamation à la présidence de la Confédération africaine de football (CAF), le 10 mars 2013 à Marrakech. Dans un long entretien exclusif accordé à RFI, le Camerounais défend son bilan.
Par La Nouvelle Expression
Lors de l'Assemblée générale de la CAF, vous êtes revenu longuement sur les critiques à votre égard. Qu’est-ce que ces critiques vous ont fait ?
Qui critique ? C’est surtout la presse. Vous connaissant, ça ne me dit absolument rien. J’ai mes sept heures de sommeil par nuit. […] On ne peut pas assumer de telles fonctions dans un domaine aussi sensible que le football sans essuyer des critiques. […] Ça me fait rire quand on dit « trop autoritaire ». On ne peut pas diriger le football africain sans être autoritaire. On parle aussi de mes vingt-cinq années de présidence. C’est un record et ce n’est pas une petite affaire. Il y a beaucoup de sensibilités et de différences en Afrique. […] Il faut pourtant galvaniser toutes ces consciences. […] Ils (ses détracteurs) peuvent critiquer. […] J’ai toujours dit à qui veut l’entendre que je n’ai pas d’ami dans l’exercice de mes fonctions. Je n’ai que les règlements et les statuts de la CAF. C’est ça qui m’a aidé à rester 25 ans. Je continuerai à appliquer ce principe. Si quelqu’un s’éloigne des textes, il est voué à l’échec. […] Avant d’être à la CAF, j’ai été à la Fédération camerounaise de football. […] J’y suis entré tout jeune. J’avais 26 ans ou 27 ans. J’aurais pu craquer mais j’ai tenu bon. […] Alors ce n’est pas maintenant que j’ai 67 ans que les critiques vont m’ébranler.


Auriez-vous préféré avoir un rival pour cette élection à la présidence de la CAF ?
Vous allez dire que la Confédération a pris une mesure restrictive pour empêcher certains (l’Ivoirien Jacques Anouma, Ndlr) de se présenter. Mais tout ceci est normal : la Fédération algérienne a fait une proposition de réforme (des statuts, notamment ceux concernant les critères requis pour être candidat à la présidence, Ndlr). Le Comité exécutif a pris un an pour réformer nos textes. Mais les gens restent bloqués sur un seul article parmi tous ceux qui ont été modifiés. […] On dirait que c’est tombé comme un cheveu sur la soupe, alors que ça faisait un an que nous avions créé une commission de juristes ! Aux Seychelles, nous avons amendé bien des choses. Depuis la création de la CAF en 1957, il y a toujours eu des congrès et à chaque congrès il y a eu des réformes. Pourquoi les gens trouvent ça anormal ? Je ne comprends pas… […] Cette mesure ne visait personne. Je le répète encore : ce que nous avons fait, l’Uefa le fait déjà. M. Michel Platini est rentré au Comité exécutif deux ans auparavant pour se présenter à l’Uefa. Vous pensez que dans votre maison, RFI, on peut se réveiller un matin et venir présider le Comité d’administration ? Soyons sérieux ! […]

Pour revenir à votre question, j’ai toujours eu des adversaires. S’il n’y en a pas eu cette fois, c’est parce que les gens ont estimé que ça ne servait à rien de se présenter. Ce n’est pas parce que j’ai peur d’être challengé. […] Je suis prêt à recevoir n’importe quel candidat. Encore faut-il qu’il respecte les normes établies par la famille.


L’ancien footballeur camerounais Roger Milla a déclaré au quotidien français Le Monde que « le football africain risque de mourir ». Avez-vous quelque chose à lui répondre ?
(Sèchement) Je n’ai rien à lui répondre…

Vous avez dressé le bilan de vos vingt-cinq premières années à la tête de la CAF. Quelle décision vous rend le plus fier ?
Quand on a commencé, il n’y avait pas d’argent, on pouvait difficilement compter les compétitions sur les doigts d’une seule main. La crédibilité de la Confédération était plus ou moins incertaine. Le président de la Fifa Joseph Blatter l’a dit : on ne respectait pas du tout le continent africain. C’est pendant notre présidence que ce respect est né. Nous sommes vraiment conscients de ce que nous avons fait. Nous avons multiplié les compétitions, nous avons fait beaucoup de choses concernant la représentativité africaine. Quand je suis arrivé, il y avait deux équipes africaines en phase finale de la Coupe du monde. Aujourd’hui, nous en avons cinq. […] Obtenir ça, ça n’a pas été facile. […] Avant, la Coupe d’Afrique des nations se jouait à huit équipes, maintenant, elle se joue à seize. Nous avons créé le Chan, nous avons développé des compétitions de jeunes ; nous avons créé la formule Ligue des champions […], la Coupe de la Confédération […]. Quand on commence à énumérer ce qui a été fait en 25 ans, on se rend compte que c’est un travail énorme. […] Le Comité exécutif de la CAF et toutes les associations se sont mobilisés pour atteindre cette dimension. […] Il y a eu beaucoup de progrès dans tous les domaines : relationnel, financier, organisationnel. La Confédération africaine de football a fait un bond.

Quel point vous donne le plus de regrets après 25 ans de présidence à la CAF ?
L’histoire du Togo, c’est ce qui me donne le plus de regrets (deux Togolais ont été tués avant la CAN 2010, lors d’une attaque du bus des Eperviers à Cabinda, Ndlr). Vous êtes là, en train de présider une réunion, et on vient vous dire qu’une de vos équipes a été attaquée. […] Ce n’était pas une simple attaque : elle a entraîné la mort d’hommes et un gardien de but (Kodjovi Obilale, Ndlr) est devenu infirme. Tout ceci est un grand regret. Mais un grand conflit a éclaté suite à cet incident. Avec le gouvernement togolais et avec les journalistes. Il n’y a pas eu une volonté réciproque de comprendre. On nous a incriminés : ils disaient que la CAF n’avait pas assisté les Togolais. […] Je peux vous citer d’autres exemples. Il y en a tellement en 25 ans. Ce sont des incidents que nous regrettons amèrement à la CAF, compte tenu des efforts fournis par les Etats, par les associations nationales. S’il y a des incidents qui émaillent de temps en temps la bonne marche de la maison, nous ne pouvons que les regretter.


Vous avez déclaré que la promotion du football en Afrique serait votre objectif numéro un pour ce dernier mandat de quatre ans. Est-ce que vous pouvez être plus précis et plus concret ?
Il n’y a pas mille façons de promouvoir le football. Il faut absolument faire jouer les gens, organiser les stages, galvaniser les consciences au sein des fédérations nationales et même des Etats. Il ne peut pas y avoir de football en Afrique si les Etats ne mettent pas la main à la poche. Toutes ces entités doivent être soutenues. Nous avons créé pas mal de compétitions et nous devons désormais veiller à ce qu’elles soient compétitives. C’est ainsi que nous assurerons la promotion du football. L’Afrique est un grand continent et le football est un grand vecteur mais le continent n'offre pas assez de moyens au football. Pourquoi tout va bien pour les équipes nationales ? Parce que les Etats investissent pour elles. Mais entre les grandes compétitions, les clubs, eux, pataugent. Ils n’ont pas les moyens de poursuivre leurs politiques sur le terrain. […] Tout ceci, c’est un grand chantier. Il faut amener les uns et les autres à comprendre que le football a besoin d’argent et a besoin d’une bonne organisation. Quand il y a de l’improvisation et des forfaits par-ci et par-là, ça ne va pas. On veut que ces choses-là cessent et que tout se passe dans de bonnes conditions, comme en Europe.

Dans 20 ou 30 ans, l’Afrique sera sortie de l’ornière. […] Le football pourra en profiter et poursuivre son ascension vers les sommets.


A Marrakech, vous étiez avec le président de la Fifa, Joseph Blatter, et celui de l’Uefa, Michel Platini. Avez-vous discuté de l’attribution d’une sixième place pour l’Afrique en phase finale de la Coupe du monde ?
C’est mon rêve ! Je ne peux pas les voir sans leur en parler. […] C’est notre objectif numéro un. Nous sommes la plus grande confédération par le nombre de membres. Nous sommes cinquante-quatre alors que l’Uefa a cinquante-trois membres. M. Michel Platini me dit toujours en riant qu’ils seront bientôt cinquante-quatre eux aussi. L’Afrique a pourtant cinq représentants. L’Europe en a treize ou quatorze selon les cas. Je ne dis pas qu’il faut rattraper l’Europe parce qu’ils sont les numéros un mondial. […] Nous n’avons pas encore gagné la Coupe du monde, ni réussi à atteindre un finale. […] Je ne peux pas dire que cinq représentants, c’est injuste. Mais il y a quelque chose à faire pour rectifier le tir. On était six lors de la dernière Coupe du monde en Afrique du Sud, grâce au pays organisateur. […] Il faudrait que nous ne puissions plus perdre ce nombre. Le combat continue.

Le Championnat d’Europe va désormais se jouer à 24 équipes. Y a-t-il une réflexion au sein de la CAF pour que la phase finale se joue avec 20 ou 24 équipes ?
Non, on n’y pense pas, parce qu’on n’a même pas les moyens de le faire. Même M. Michel Platini, lorsqu’il a pris cette décision, il a orienté la formule en dispatchant les matches dans plusieurs pays. […] Organiser une CAN à seize, c’est déjà un grand grand problème. Passer à vingt-quatre serait un peu risqué. […] Pour le moment, l’affaire n’est pas sur la table. […] Mais rien n’est statique dans la vie. […] Dans un avenir plus ou moins lointain, nous pourrons peut-être atteindre cet objectif.


La CAN 2017 devrait être votre dernière CAN en tant que représentant…
(Il coupe) Je vous le dis à haute voix : ce n’est pas que ça « devrait », ça va être ma dernière CAN. Je vous le dis tout de suite. (Il rit)

On vous a vu sourire en 2012 lorsque des supporters Gabonais ont envahi la pelouse lors de Gabon-Maroc. On ne vous voit pas sourire souvent comme ça lors des matches... Est-ce que vous prenez toujours du plaisir à être président de la CAF ?
(Il rit) Personne ne m’oblige à rester là ! C’est mon destin ! Si je n’avais plus de plaisir à voir du football, je serais parti. J’ai été élu hier mais je peux démissionner aujourd’hui. Je suis libre. Je fais ce que ma conscience me dicte, en harmonie avec nos structures. C’est toujours un plaisir d’être à la tête de la Confédération africaine de football.


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