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Mutilations génitales : Suzanne Bomback embarrasse les lamibés (10/10/2008)

Après une dénonciation sur l’excision par la présidente du réseau des associations, le ministre de la Promotion de la femme et de la famille a tenu à ce que les lamibés lui donnent leurs avis à ce sujet.
Par Oscarine Mbozo’a
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Suzanne Bomback
Suzanne Bomback

Excellence madame le ministre, il existe encore des problèmes qui empêchent la femme de Mora d’émerger. Nous citerons entre autre les mariages précoces et forcés, l’accès au crédit bancaire et l’excision de la jeune fille ”, déclare ainsi Aboubakary Aïssatou, présidente du réseau des associations féminines de cet arrondissement.

Irrités par les propos de cette dame, seuls les regards des lamibés (chefs traditionnels) en disaient long dans leur loge.

N’étant pas habitués à voir une femme avancer de tels propos, des exclamations ont immédiatement suivis. “ Depuis quand une femme comme celle-là dit des énormités en publique et surtout devant les lamibés ? ”, s’indignent ainsi quelques chefs traditionnels. Malgré les indignations de certaines personnes madame le Minproff a été obligée de mettre de côté son discours pour s’intéresser aux problèmes posés par la présidente du réseau.

 
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Le problème qui l’aura le plus marqué est celui des mutilations génitales féminines. Pour interpeller les chefs traditionnels de cette unité administrative, le Minproff leur dira tout de même qu’elle est en mission recommandée. Et pour ce faire, elle doit ramener une réponse au chef du gouvernement qui attend de pieds ferme leurs avis sur l’excision. “J’ai voulu qu’on cause en famille et qu’ensemble nous trouvons une solution à ce problème de mutilations génitales féminines qui est courant dans cette province. ”. Suzanne Bomback lance le débat. Pour sa majesté le lamido de Même ce problème est banni depuis plus de trois ans. “De nos jours, on n’en parle plus. Nous avons instauré une amende avec cinq ans d’emprisonnement pour ceux ou celles qui exciseraient encore leurs jeunes filles ”. Une réponse qui, semble-t-il n’a pas plu au ministre qui leur a demandé si cette femme marié et responsable de son état peut se permettre vu la coutume de mentir publiquement. “ Moi je crois qu’elle ne peut pas mentir. Il y a quelque chose qui se passe. ”, embarrassé sa majesté le sultan de wandala (chef supérieur) s’est plutôt enflammé contre la femme qui dans son discours a dénoncé ce phénomène. “Il faut qu’elles viennent nous dire qui l’a fait. Quand bien même ce serait vrai, elle devait d’abord nous signaler avant de le déclarer publiquement”.

Pour les autres chefs, cette pratique est courante chez les arabes choa. “ Voilà le maire qui est à votre droite. Il peut vous dire. C’est chez eux qu’on pratique l’excision et non ici ”. Vexée par les propos des lamibés, madame Amasia présente au débat prend la parole pour ajouter de l’eau au moulin de sa consœur. “ L’excision se fait encore dans cet arrondissement. Mais les hommes ne le savent pas. Les mamans s’arrangent avec leurs parents qui viennent exciser les enfants en l’absence de leurs pères. ”, confirme-t-elle. Une heure de temps après, le ton monte, la tension aussi. Le Minproff réfute le démenti des chefs. “ Vous-même les hommes… (Rires) pouvez-vous accepter qu’on vous rase du haut jusqu’en bas ?" Pour éteindre cette flamme dans la salle, le préfet du Mayo Sava a tout simplement rappelé les chefs à l’ordre. “ Ce n’est pas le moment de vous en prendre à celle qui dénoncé. Cherchez plutôt à trouver cette piste et nous à notre niveau nous ne baisserons pas les bras ”, conclut préfet du Mayo Sava. Après les trois heures passées dans la salle, aucune réponse n’a été donnée au Minproff.

Source : La Nouvelle Expression
 
 
 
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