|
|
Lions indomptables du Cameroun : encore et toujours l'à peu-près ! (28/03/2008)
|
 |
| Comme souvent en période de matchs amicaux, le Cameroun était aux abonnés absents pendant que les différentes nations se préparent et rôdent leurs effectifs |
 |
Par
Nkwayep Mbouguen |
|
|
| |
Mardi dernier la voix du football français Thierry Gilardi nous quittait brutalement.
Cet évènement qui en a perturbé plus d'un, Camerounais comme Français a certainement fait passer dans l'ombre un fait déjà bien habituel.
En effet, Mercredi se
disputaient des matchs amicaux pour préparer les différentes équipes nationales
à leurs échéances. On a pu voir la France organiser 3 matchs : l'équipe première
face à l'Angleterre, l'équipe A' face au Mali, et même l'équipe espoirs a joué.
Espagne, Brésil, Italie, Hollande ou Portugal, toutes les nations qui aspirent à
avoir une place dans les premiers rangs du football mondial ont joué pour établir
les automatismes, faire les bons choix lors des différents passages de génération.
Et le Cameroun dans tout ça ? Comme très souvent, rien du tout. Les lions indomptables
nous ont tellement habitués à ne pas prendre à part à ces plages de matchs amicaux
que lorsqu'il y en a, je considère inconsciemment que nous ne sommes pas concernés.
Et s'il y a eu quelques exceptions dans le passé (Angleterre, Argentine ou encore
Hollande), les lions ont toujours pêché dans le domaine de la préparation, en ne
disputant pas ou peu de matchs amicaux, ou alors en en jouant mais contre des clubs
de deuxième division.
Pour préparer la CAN 2008, les lions indomptables ont joué
contre l'Union des Forces Armées au Burkina Faso. On a alors déploré la préparation
plus que bâclée de l'équipe nationale qui avait selon les observateurs quelques
circonstances atténuantes : le changement d'entraîneur qui n'avait eu le temps de
prendre ses marques. Joseph Antoine Bell a en tout cas analysé la chose sans détour
dans les colonnes du Cameroon Tribune : "Que le Cameroun ne joue pas de matchs amicaux.
C'est du déjà vu et entendu. Depuis plus d'une décennie, les Lions ne livrent aucune
rencontre amicale lors des périodes retenues par la Caf ou la Fifa, sans que cela
n'émeuve personne.".
|
| |
|
|
Pourtant, sauf erreur ou omission de ma part, nous avons le même entraîneur depuis
Janvier, mais nous n'avons toujours pas de préparation adéquate. Pourquoi donc ?
La dernière édition en date de la Coupe d'Afrique montre qu'il est primordial de
s'armer et se mettre en place avant une compétition comme la CAN dont le niveau
global augmene d'édition en édition. On est arrivé en finale, certes, mais à aucun
moment de cette CAN les lions n'ont été dominateurs de leur adversaire, ou ont paru
pouvoir accélérer quand il le fallait. Et pour les automatismes, il n'y en a jamais eu, vu qu'à aucun moment Pfister n'a aligné deux fois de suite la même équipe, se
basant sur chaque match précédent pour préparer le suivant.
>
Pendant de nombreuses années les lions ont eu une charnière centrale fixe. Derrière
on a eu Song accompagné de Kalla, Tchato ou Mettomo, et Geremi - Womé sur les axes.
Foé a longtemps assuré avec brio le rôle de patron de milieu de terrain, avec des
hommes de talent comme Olembé, et on a eu devant l'attaque qui en a fait trembler
plus d'une, Eto'o - Mboma. Normal alors que l'effet du maque de matchs amicaux ne
se fasse ressentir dans de telles conditions,
étant donné que les joueurs alignés
se connaissaient depuis longtemps et avaient déjà acquis leurs automatismes de jeu.
Mais depuis la mort de Foé et le départ de Mboma, il faut reconnaître que le Cameroun
a de compétition en compétition énormément changé de joueurs, et ce dans les postes
clés : Makoun, Mbami, Djemba, Saidou, Mbia, Emana, Nguemo, Binya, Alexandre Song,
autant de joueurs que le Cameroun a alignés pour l'axe du mileu de terrain depuis
2004, le compartiment le plus important dans une équipe ! Et pour parler du compère
de Samuel Eto'o devant, la liste est non moins longue : Job, Webo, Hervé Tum, Ndiefi,
Rudolfe Douala,Idrissou, Meyong Zé ou Nkong ont épaulé Samuel Eto'o à la pointe
de l'attaque des lions indomptables.
|
| |
L'époque où on connaissait quasiment le onze entrant du Cameroun avant chaque compétition
est révolu, les lions sont depuis 4 ans en constant changement, et il est vital
pour les joueurs comme pour le sélectionneur d'effectuer des matchs de préparation
pour permettre aux entrants de prendre leurs marques. Et des matchs contre des équipes
de talent, capables de faire ressortir les carences quand il y en a, comme le disait
Raymond Domenech au micro de tf1 : "la défaite est toujours une bonne chose car
elle permet de se poser des questions. C'est pourquoi je voulais qu'on joue contre
de grandes équipes, car après l'Espagne, je me suis posé des questions".
L'objectif qui se profile à l'horizon pour les lions, c'est la qualification pour la coupe du monde 2010. L'expérience douloureuse de 2006 et des précédentes CAN nous a montré que le niveau des équipes africaines a évolué, et que gagner une CAN ou se qualifier pour une coupe du monde ne sont plus choses aussi faciles qu'il y a quelques années.
A l'heure où de nouveaux joueurs ont fait leur apparition, et que certains cadres pourraient nous quitter incessamment, il faut penser au passage de témoin. Mais comment assurer un relais efficace si les nouveaux et anciens ne se rencontrent pas sur un terrain pour prendre mutuellement la mesure des choses ? Est-il normal que pendant la CAN 2008, plusieurs joueurs qui ont été alignés disputent leur premier match officiel avec les lions en pleine CAN ?
Roger Milla, ambassadeur itinérant du Cameroun allait dans ce sens et soulevait
dans les colonnes du Cameroon Tribune le besoin pour le Cameroun d'avoir une personne
dédiée dont le travail serait de dégoter des matchs intéressants pour les lions
: "il faut trouver les sparring-partners qui peuvent permettre au Cameroun de progresser.
Malheureusement cette fois ci encore, nous n'avons pas su profiter de la plage de
la Fifa. Ceci m'amène à répéter que le Cameroun doit se doter d'un manager qui va
lui trouver des matches amicaux".
Plus important encore, les nouveaux talents. Beaucoup de jeunes Camerounais avec qualités certaines jouent dans des championnats étrangers, et n'ont pas la nationalité camerounaise : Mathieu Assou Ekotto de Totenham, Eric Maxim Choupo-Moting d'Hambourg, pour ne citer que ceux là sont suivis de près par les fédérations allemande et française. Comment le Cameroun pourra-t-il les attirer, et quelles perspectives pourra-t-il leur proposer, si on ne joue pas de match intéressant entre deux compétitions ?
Affaire à suivre.
|
| |
|
|
| |
Discussion: 5 bérinautes ont donné leur avis sur cet article
donnez votre opinion sur l'article, ou lisez celle des autres |
| |
| |
| |
Les dernières photos publiées sur Copos |
|
|
|
| |
|
|
|
| |
|
|