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Françoise Mbango : le triomphe du talent et l'éloge de l'indiscipline ? (18/08/2008)
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| En remportant Dimanche dernier pour la seconde fois consécutive la médaille d’or olympique au triple saut, Françoise Mbango est entré dans l’histoire du sport Camerounais, et de l’athlétisme Africain |
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Par
Rédaction Bonaberi.com (Yann Y.) |
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La championne avec le drapeau Camerounais
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En remportant Dimanche dernier pour la seconde fois consécutive la médaille d’or olympique au triple saut, Françoise Mbango est entrée dans l’histoire du sport Camerounais, et de l’athlétisme Africain dans son ensemble. Une victoire de haut vol où la jeune femme de 32 ans, sortant d'une récente maternité, a pulvérisé le record des jeux avec un saut à 15m39.
Si les Camerounais peuvent se féliciter de cette performance qui permet à notre pays d’entrer dans le cercle fermé des grandes nations de l’athlétisme de cette dernière décennie (au moins en ce qui concerne le triple saut), le sacre de Mbango soulève néanmoins certaines interrogations importantes sur les rapports entre les athlètes, les fédérations sportives, le gouvernement Camerounais et la Présidence de la République avec son lot de messagers et d’ambassadeurs (dont l'illustre Roger Milla). Et à cela s’ajoute cette problématique fondamentale : vaut-il mieux rapporter une médaille d’or des jeux olympiques, même dans l’imbroglio le plus caractérisé avec une athlète capricieuse et indisciplinée, que ne rien avoir du tout ?
En effet, les quatre dernières années de Françoise Mbango n’ont pas été de tout repos avec les autorités Camerounaises. Entre des absences répétées aux différentes échéances sportives où elle était appelée à représenter le Cameroun (jeux d’Helsinki en 2005, jeux du Commonwealth à Melbourne et forfait de dernière minute aux jeux africains d’Alger en 2007), des interviews tonitruantes dans la presse où elle dénonçait (plutôt injustement) un gouvernement qui l’avait abandonnée financièrement, il apparait évident que l’athlète n’a pas toujours été irréprochable dans sa communication.
Son attitude a même parfois pu surprendre dans la mesure où la jeune championne, après son sacre d’Athènes 2004, a bénéficié des largesses matérielles du gouvernement avec 25 millions de F CFA remis en mains propres dans le cadre de sa médaille d’or en Décembre 2004. Puis, dans le cadre de sa réception à la Présidence de République pour sa décoration, elle a été accueillie en grande pompe avec à la clé 1,5 millions de F CFA en guise de frais pour se constituer une garde-robe, des chambres d’hôtel pour sa sœur cadette et elle au Mont Fébé dont la note s’est élevée à 38 millions de F CFA et une Mercedes en location pour un montant de 26 millions de CFA (La Nouvelle Expression du 11 Avril 2006). Françoise Mbango a d’autre part bénéficié, toujours après sa médaille à Athènes, de l’appui de sponsors privés tels que CAMSHIP pour sa préparation aux jeux de Pékin ou AES SONEL pour le financement, avec le concours de l’ambassade des Etats-Unis, de sa bourse d’études à l’Université de Saint John à New York. |
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Même si beaucoup d’athlètes et de sportifs Camerounais sont parfois victimes de l’amateurisme flagrant de nos instances dirigeantes, l’attitude d’Ange Sama, Président de la Fédération Camerounaise d’Athlétisme, qui souhaitait (avant l’intervention de Roger Milla, du MINSEP et de la Présidence) que la jeune sportive s’explique devant la commission de discipline de la Fécath était tout à fait légitime et compréhensible après des forfaits répétés et un mutisme inconsidéré et inélégant vis-à-vis des organes de tutelle. Tous les sportifs, champions olympiques ou pas, devraient être traités au même pied d’égalité au regard de la discipline à observer et du respect à accorder aux institutions, fussent-elles la plupart du temps défaillantes sur certains points. Ce sont ces valeurs là, la discipline, le travail et le respect des instances de tutelle qu’il est important de valoriser auprès des jeunes sportifs, notamment les sportifs locaux, qui pour la plupart cherchent encore leur voie et ne demandent qu'à tirer profit des exemples de leurs aînés. Car, que se passerait-il si tous les athlètes s’arrogeaient le droit de n’en faire qu’à leur tête parce que, soi disant, ils seraient dotés d’un talent hors normes et auraient des chances potentielles de médailles ?
Les grandes stars ont souvent leurs caprices, on le sait. Françoise Mbango, en marge de Beijing 2008, n’a pas outrepassé cette tradition. On pourrait d’ailleurs vouloir justifier les sursauts comportementaux de la double championne olympique en se demandant comment il est possible de respecter des autorités qui ne respectent pas elles-mêmes leurs sportifs. Et la fin justifiant dans beaucoup de cas les moyens, on aurait envie de dire que sa médaille d’or est ce qu’il y a de plus important, quelque soit l’attitude qu’elle a eu à adopter en amont de la compétition et quelque soient ses manquements disciplinaires. Mais cette vision restrictive des choses s’inscrit, encore une fois, dans le culte de l’immédiateté et de l’instant présent qu’on aime à promouvoir dans notre pays. Penser que ce qui s’acquiert de suite, dans le désordre et l’indiscipline caractérisés, a plus de vertus que ce qui se prépare, se construit dans le temps et s’inscrit dans la durée après plusieurs échecs consécutifs est une erreur évidente.
La victoire de Françoise Mbango est grandiose et restera un signe encourageant les nombreux athlètes africains à perpétuer leurs efforts en quête de respectabilité sur l’échiquier sportif mondial. Il n’est cependant pas certain qu’on puisse revoir une telle prouesse à l'avenir si on s'évertue à évoluer dans les mêmes conditions et dans le même climat de cacophonie que celui qui a entouré la participation de la championne Camerounaise à ces jeux olympiques de Pékin. Et si on se réjouit sans bémol de ce titre qui a fait de cette jeune mère, Dimanche, l'une des plus grandes athlètes de l'histoire du sport Camerounais, on ne peut malheureusement pas nier le fait que cette médaille d’or s’inscrit aussi sous le sceau macabre d’une indiscipline troublante et de sautes d’humeur à ne pas encourager dans le sport Camerounais de haut niveau. Que ce soit au football ou dans l’athlétisme.
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