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Deux morts dans une explosion aux Brasseries du Cameroun (03/10/2008)

Ils ont rendu l’âme après avoir été projetés sur des centaines de mètres. Les causes de cet accident restent inconnues.
Par Blaise Nzupiap Nwafo
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Les médecins emmènent les corps Les corps de Julius Ntah Kehbuma, 36 ans, et Richard Tanouo Fogué, 32 ans, chef d’équipe, étaient méconnaissables hier matin, sur les lieux de l’accident. Le premier a été projeté à une centaine de mètres de l’usine ; le second à environ 400 mètres. Selon les témoignages du voisinage, les corps ont été propulsés à plus de 50 mètres, avant de retomber. “Ils planaient dans l’air comme des oiseaux et criaient au passage”, se souvient une femme qui a vécu le film de la tragédie.

A en croire le docteur Tchinda, médecin légiste, les corps ont subi plusieurs traumatismes suite à la chute. Si des câbles électriques et téléphoniques ne les avaient pas un peu freinés au passage, ils seraient tombés encore un peu plus loin. Richard Tanouo Fogué est arrivé à Bafoussam. La grande sœur et le petit frère de Richard Tanouo Fogué étaient inconsolables. Son épouse, enceinte de quelques mois, après une première maternité, a-t-on laissé entendre, n’a pas pu faire le déplacement. De sources concordantes, les techniciens qui travaillaient sur la cuve de drèche qui a explosé étaient un groupe de quatre personnes. Partis tous de Douala, ils seraient en service à la société Cmts, un sous traitant des Brasseries du Cameroun qui opère dans la soudure métallique.

Peu avant 8 heures, les deux qui ont trouvé la mort étaient déjà perchés sur la cuve, à environ 30 mètres du sol, qu’ils étaient en train de réparer. Chacun, comme témoignent d’ailleurs les images, était muni d’une ceinture de sécurité et du matériel de travail. Malheureusement pour eux, le drame intervient quelques minutes seulement après le démarrage des travaux. Un employé des Brasseries raconte : “Quand j’ai suivi le bruit, j’ai couru vers la zone du danger. J’ai constaté que l’explosion a eu lieu au sein des Brasseries et ça a projeté deux personnes. Le premier était à côté du goudron et le deuxième corps dans une concession environnante.

Pour Basile Tchounkeu, boutiquier, “j’étais devant ma boutique en train d’attacher mes bouteilles de gaz pour les mettre en sécurité. Subitement j’ai suivi un bruit et j’ai vu comment des morceaux de fer sortaient de la citerne là, située dans l’enceinte des Brasseries. J’ai fui pour entrer dans la boutique. Une masse de ferraille et un corps sont tombés devant ma porte.

 
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Négligence ?

Approchée, une autre source proche de l’usine confie qu’il s’agit des travaux d’extension parce que “les Brasseries sont en train de faire des travaux lourds, afin de changer les installations pour passer à une nouvelle chaîne de production qui cadre avec les nouvelles technologies de l’industrie alimentaire. C’est pour cette raison qu’on a fait appel aux techniciens supérieurs en la matière. De sources dignes de foi, cette explosion serait le corollaire du mélange de deux produits chimiques incompatibles que sont le butane et le gaz carbonique. Avant de conclure que quelqu’un aurait mis une machine en marche pendant que les deux techniciens se trouvaient sur le silo de drèche. Les démarches engagées par le reporter de La Nouvelle Expression pour vérifier cette information sont restées vaines.

L’une des réceptionnistes de l’entreprise a laissé entendre que “depuis le matin, le directeur d’agence de Bafoussam [Bertrand Philippe Lacroux] et le directeur de l’usine sont en concertation avec les gendarmes et le préfet de la Mifi.” Même par téléphone, il n’a pas été possible d’avoir la version des faits du directeur d’agence. En attendant l’aboutissement des enquêtes ouvertes, les corps ont étés déposés à la morgue de l’hôpital provincial.

 
 
 
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