Cri du coeur de Marie Gisèle Tchientcheu : bilan des activités d'AS
(02/12/2008)
Action Solidaire avait relayé l'appel à l'aide de Marie Gisèle Tchientcheu : elle fait maintenant le bilan des actions qui ont été faites.
Par Action Solidaire
Marie Gisèle Tchientcheu
Dans un souci de transparence, l’Action Solidaire Internationale avait promis le 21 juillet 2008 au début de l’opération dite « Cri de cœur » de Marie Gisèle Tientcheu, de rendre publiques toutes les informations relatives à la campagne engagée par l’organisation pour sauver cette compatriote d’une mort à laquelle elle était presque condamnée.
L’élan de générosité suscité par l’appel de Action Solidaire Internationale est sans précèdent. Des dizaines de bonnes volontés, voire des centaines, ont apporté, directement ou indirectement, des contributions décisives. Sans l’altruisme spontané des nombreux compatriotes qui ont prouvé que le peuple peut se prendre en charge, nous n’aurions pas fait le chemin exaltant que nous avons parcouru.
Aujourd’hui, grâce aux efforts conjugués des compatriotes à travers le monde, Gisèle est en Belgique pour une série de conférences et de contacts. Ceci est en soi un véritable défi, qui a été relevé. Mais, le plus dur ne fait que commencer. Car, de toute évidence, son séjour implique des efforts supplémentaires énormes.
Comment tout a commencé ?
Marie Gisèle Tientcheu Emegue est un évocateur au Cameroun. Cette jeune étudiante Camerounaise est diagnostiquée positive au début de l’an 2000. Elle tout juste 20 ans, et pétille de vie. Lorsqu’elle apprend la maladie, le monde s’écroule sur ses épaules. Elle fait des études de philosophie à l’université de Yaoundé. Consciente qu’elle est condamnée, elle va puiser au fond d’elle des ressources inédites pour briser les tabous. Pour la première fois au Cameroun, elle avoue publiquement sa séropositivité. Mais elle ne s’arrêtera pas là. Et c’est la suite qui forgera l’histoire de la lutte contre le Sida dans son pays.
Courageusement, sans aucune autre ressource que son inébranlable volonté d’en découdre, Marie Gisèle lance une croisade contre cette maladie et tous les interdits qui l’entourent. Elle sillonne les campus, traverse les villages et les campagnes, voyage partout en Afrique, pour mobiliser contre la maladie. Elle apparaît sur des chaînes de télévision au Cameroun et ailleurs, et transforme sa maladie en atout. Les regards médisants et inquisiteurs qu’elle croise ne la découragent pas. Son état lui inspire des chansons, des sketches. Elle chante, danse, et tourne sa maladie en dérision. Son combat fait d’elle une icône. Elle réussi à mobiliser une audience de plus en plus grande qui la vénère pour son courage et son audace. Sa rencontre avec la première dame du Cameroun consacre son autorité dans cette lutte acharnée. Les soins qu’elle suit sont encourageants. Son état est stable. Et elle peut mener une vie presque normale.
Puis un jour, le désespoir s’abat sur elle. Elle est déclarée cliniquement résistante aux antirétroviraux. Les soins de deuxième protocole sont rejetés par son organisme. Les médecins décident de passer au troisième protocole. Mais ce traitement, dont le coût est exorbitant, n’existe pas au Cameroun. Il faut donc se tourner vers l’étranger. Et attendre avec anxiété un miracle. Marie Gisèle sombre dans une profonde déprime, et se replie sur elle-même. Elle vit recluse dans sa petite chambre d’étudiante, dont l’état de délabrement en dit long sur son désespoir. « Je me voyais mourir à petit feu » dit-elle aujourd’hui, l’air hagard. Elle a tout perdu. Ses amis, ses proches, et maintenant, son combat. Non, elle ne se laissera pas abattre. Dans un sursaut de désespoir, elle lance un ultime appel à l’aide, à travers un site d’information très innovateur, Camer.be. La direction de Action Solidaire Internationale se concerte et décide de lancer l’opération de sauvetage.
Opération «Sauvons Mlle Marie Gisèle Tientcheu »
Comment l’avons-nous aidée ?
Les membres de Action Solidaire se sont mobilisés à travers le monde pour superviser l’opération de sauvetage. La première opération consistait à lui faire parvenir les vitamines nécessaires susceptibles de la maintenir dans une forme physique relative. Ensuite il fallait procéder à un diagnostique clinique précis pour identifier les besoins immédiats. Enfin, il fallait la venir en Europe, et organiser son séjour. Nous pensons aujourd’hui que tous ces objectifs ont été atteints grâce à la générosité de nombreux bienfaiteurs, et des efforts soutenus de nombreux autres mécènes qui ont travaillé sans relâche dans l’ombre.
Bref résumé du compte rendu de son dossier médical
La sérologie de découverte avait été faite à la suite d'un épisode de zona. De 2000 à 2004, elle sera suivie à l'hôpital du jour de l'hôpital central de Yaoundé.
En 2004, elle intègre la cohorte de malades de Médecins sans frontières et commence un nouveau suivi à l'hôpital militaire de Yaoundé où elle débute le traitement antirétroviral avec la combinaison Lamivir S30 (Lamivudine-Stavudine), Strocrin 600 (Efavudine) pendant environs 18 mois.
Elle arrête son traitement en fin 2005 et ce pendant 7 mois faute de moyen financier
En Avril 2006, les Assistantes sociales du centre hospitalier universitaire lui font intégrer le pool de malades dudit hôpital où elle est mise sous Duovir et sous Stocrin 600.
En fin 2006, lors du bilan de suivi, on note que le taux de CD4 stagne. L'échec thérapeutique est évoqué. Elle est alors mise sous Crixivan et un génotype effectué et va révéler une résistance complète aux INNRT, au D4T, 3TC, AZT. Elle sera mise sous Kaletra, Didanosine, Lamivudine 150. Son état général s'améliore sous cette ligne thérapeutique pendant quelques mois.
Depuis trois mois environs, la patiente développe de nombreux effets indésirables à l'instar des céphalées, vomissements, diarrhée, toux, amaigrissement, anorexie etc. Malgré les différents protocoles de soins reçus jusqu'ici par Mlle Marie Gisèle Tientcheu, son état de santé est extrêmement préoccupant. La lutte doit continuer. Pour elle et pour des milliers d’autres personnes dans son cas.
Bilan financier : qui a fait quoi ? Qui a offert quoi ?
Noms des donataires
Montants
Intitulé
Lieu de réception
Madame Zebinben
Pascaline SUISSE
225 €
Cameroun
Atangana Emmanuel
dit Crabe d’Okola
229 €
Cameroun
Legrand
56 €
Cameroun
Rosalie d’Allemagne
45 €
Cameroun
Kemajou Charlotte
152 €
+ complément nutritionnel
Cameroun
Guerrier Zachee
53 €
Cameroun
Dr Donko (GTZ)
534 €
Paiement frais examens au Cameroun
Cameroun
r Aghokeng
310 €
Paiement frais de charge virale
Cameroun
Dr Kwafack
Prise en charge de soins et médicaments
Cameroun
Pr Maurice Kam
305 €
Examens divers
Cameroun
Jean Marie Talom
Appui technique
Mr Laurent Vidal
125 €
Cameroun
Charles Sielinou
8 €
Cameroun
Total des sommes encaissées
893 €
Cameroun
Dépenses effectuées par Gisèle
1000 €
Achat de médicaments, charges diverses etc.
Dossier déplacement de Gisèle du Cameroun pour la Belgique
(Appui technique, logistique, achat de son billet d’avion)
Noms des donataires
Montant
Intitulé
Observations
Crabe d’Okola
200 €
+ 50 €
Il existe également des frais non quantifiés
engagés par Crabe : Billet Thalys
une paire de Basket etc.
Association HautNkam Benelux
Marcel Tchangue
150 €
Mme Pelli Yvette
200 €
Nitcheu Brice
100 €
Janvier Kingue
84 €
Banka UK
120 £
Kadji Elie
50 €
Mme kemajou
100 €
Total
1344 €
Rubriques des sorties
Dépense
Montant
Remarque
Achat billet d’avion
780 €
Hôtel ( 43 € X 7)
+ 5 € (petit déjeuner/ jour)
336 €
Téléphone
50 €
Imprimerie
35 €
Salle conférence
175 €
Déplacements Bruxelles pour RDV divers
50 €
Nutrition de Gisèle, jusqu’au 29 novembre 2008
107 €
Achat tenues d’hiver
150 €
Travaux divers secrétariat
75 €
Achat médicaments générique contre la grippe
15 €
Taxi / Bruxelles
75 €
Achat carte téléphonique
25 €
Dépenses à ce jour
1873 €
(hormis les frais de location salle de la conférence)
Compte déficitaire
- 529 €
NB: Toutes les factures sont
disponibles pour vérification à qui voudra auprès de la trésorerie de Action
Solidaire Internationale
Autres
L’association Action Solidaire Internationale, tient à remercier le Dr Donko du
GTZ Yaoundé, Docteur Aghokeng (Cameroun), Emerand Nkoulou (Cameroun), Dr Kwafack
(Cameroun), Pr Maurice Kam (Cameroun), Jean Marie Talom (Cameroun), Mme Anne
Mireille Nzouankeu (Cameroun), Mr VIDAL (Français résident au Cameroun), Mr
Atangana Emmanuel dit Crabe d’OKOLA (France), Mme Pelli Yvette( GB).
Les associations telles le CEJES,
la CGEE, l’asbl Libéral CEBAPH Belgique, Solidarité
Universelle Belgique, Ass Culturelle Haut Nkam du Bénelux, Famille Banka-UK
Action Solidaire Internationale rassure les uns et les autres qu’elle ne
baissera pas les bras et qu’elle sera toujours là et en fonction de ses moyens,
chaque fois que des personnes se retrouveront dans une situation similaire à
celle de Marie Gisèle Tientcheu.