Un rapport accablant rendu par corruption et gouvernance
Une pique contre la Commission nationale anti-corruption (Conac). " Bien qu’il y ait une législation criminalisant la corruption au Cmareoun, l’agence anti-corruption est inefficace ", peut-on lire dans le communiqué de Global Integrity résumant la situation cas de l’Afrique en miniature dans son rapport 2008 sur la gouvernance et la corruption. Sur le site de l’Ong américaine, la structure que préside Paul Tessa est carrément soumise à un procès en neutralité comme… Elections Cameroon : " [i Les membres de [l'agence anti-corruption]", par exemple, sont proches du parti au pouvoir [...] et leur neutralité est sujette à caution.] " Seule note satisfaisante en la matière, la sous rubrique " législation anti-corruption " est la seule où le pays obtient la mention très honorable (voir tableau ci-dessus).
En dehors de la corruption, Global Integrity dresse un diagnostic alarmant de la gouvernance. Les élections dans leur volet financement demeurent opaques, la culture de la responsabilité (obligation de rendre compte) des différents pouvoirs institutionnels reste embryonnaire, tandis que la mise en œuvre de la réglementation et sa supervision laissent à désirer. Preuve parmi tant d’autres, le Cameroun ne dispose pas encore d’un médiateur, intermédiaire indispensable entre l’usager et l’administration.
En outre, la mise en berne de l’application de l’article 66 de la constitution sur la déclaration des biens est montrée du doigt. " Au Cameroun, l'absence de l'accès des citoyens aux documents financiers sape la valeur de la divulgation des lois. Bien qu'il existe des lois exigeant la divulgation des actifs par des membres de l'Assemblée législative, le pouvoir judiciaire et les chefs de gouvernement, les citoyens n'ont aucun droit légal d'accéder à l'un de ces dossiers. " Conséquence, l’Afrique en miniature se retrouve à la 37e place sur 46 pays recensés au classement général.
En deux années, la situation du Cameroun a stagné. Entre les rapports 2007 et 2008, sa note sur cent n’a évolué que d’un point (de 54 à 55, soit une variation de 0,16%). Les appréciations dans les différentes rubriques et sous rubriques restent inchangées d’une année à l’autre, à l’exception de trois d’entre elles.
Ainsi, le pays de Paul Biya progresse de trois points (de 68 à 71) en matière de transparence électorale et de dix points (de 53 à 63) s’agissant de son agence anti-corruption. Cela est probablement à mettre au crédit du peu de remous enregistrés dans l’organisation des municipales partielles et dans le déploiement qu’opère la Conac en matière de sensibilisation sur le fléau de la corruption. Sa note sur les médias chute par contre de onze unités (de 71 à 60), du fait notamment de la fermeture de certains médias audiovisuels au cours de l’année écoulée.
Toutefois, le chapitre consacré au Cameroun s’achève sur une perspective moins orageuse. " En dépit de ce sombre paysage de gouvernance, il y a quelques lueurs d'espoir. Des organisations de la société civile (Osc) sont actives et les règlements sur les impôts, les douanes et les entreprises d'État sont raisonnablement efficaces. "
Le rapport 2008 sur la gouvernance et la corruption, fruit de la collecte de données autour de trois cents indicateurs, met l’accent sur l’effet néfaste de l’argent d’origine douteuse en politique. Et conclut qu’il s’agit probablement de la forme de corruption la plus pernicieuse qui soit.
Source : La Nouvelle Expression
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