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Cameroun : Une dizaine de maisons englouties à Kamkop (16/10/2008)

La légèreté dans la délivrance des permis de bâtir est mise en cause.
Par Guy Modeste DZUDIE
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Rattrapage inadéquat. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier la descente lundi 13 octobre 2008 des agents de la mairie de Bafoussam IIIe sur le site du glissement de terrain survenu le 9 octobre au quartier Kamkop à Bafoussam. Car arrivés sur les lieux du sinistre, les commis du maire Bernard Tchanou ont apposé précipitamment des mentions indiquant que le site concerné était n’était pas propice à l’habitation. Les populations riveraines qui ne sont pas prêtes à partir brandissent des titres fonciers et des permis de bâtir délivrés par les autorités compétentes.

Nous avons bien peur d’être fauchés ou engloutis par un autre glissement. Mais les gens de la mairie ne doivent pas se comporter comme si nous étions responsables de cette dégradation de la nature. Ce n'est pas de manière clandestine que nous nous sommes installés ici”, souligne Alliance, une riveraine. Seulement, nier la responsabilité des riverains ne serait-elle pas faire preuve de mauvaise foi ? En tout cas, nul n’est besoin d’être expert en géologie pour constater que cet espace marécageux ne saurait accueillir le poids des immeubles de plusieurs niveaux qui encombraient cet endroit jusqu’en date du mercredi 7 octobre 2008.

Sur quelle base a-t-on attribué le permis de bâtir dans une zone marécageuse impropre à l’habitation ? Les textes qui régissent les constructions sont pourtant formels. Le permis de bâtir est l’outil qui permet de contrôler la conformité des habitats au plan d’urbanisme. Et pour construire dans une zone marécageuse, il faut s’entourer d’un ensemble de précautions, tout ceci sous le contrôle des architectes commis par la municipalité. Donc, dans le cadre de glissement de Kamkop, il faut retenir la responsabilité des autorités ayant délivrés les permis de bâtir pour les construction en question ”, explique Stephan Yimdjo, juriste publiciste à Bafoussam.

 
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Apathie des autorités administratives

Après la forte pluie qui s’est abattue sur la ville de Bafoussam le 9 octobre, la nappe superficielle de l’écorce terrestre a lâché à quelques mètres du siège de la Société camerounaise de savonnerie (Scs) à Bafoussam. Sous le choc, les maisons construites dans cette zone marécageuse, y compris un immeuble de trois niveaux encore en construction, ont cédé. “ Tout a commencé autour de 16 heures. Nous avons juste vu comment les maisons étaient en train de s’enfoncer dans le sol. Comme s’il y avait un tremblement de terre. Cela a duré moins d’une minute. On a juste constaté que la superficie du marécage s’est élargie ”, témoigne Antoinette.

Heureusement, on ne déplore aucune perte de vie humaine. Le bilan indique néanmoins une dizaine de maisons englouties. Est-ce pour cela qu’hormis le maire de Bafoussam IIIe, aucune autorité administrative de la place de même que les responsables de la délégation provinciale de l’Environnement et de la protection de la nature ou de l’Administration territoriale et de la décentralisation n’ont pas fait le déplacement sur les lieux du sinistre ? Pourtant l’implantation de plusieurs industries et de nombreuses maisons d’habitation à Kamkop commandaient une telle démarche…

Ce n’est pas la première fois qu’un glissement de l’écorce terrestre survient dans la région. En septembre 2007 par exemple, une montagne s’était affaissée au lieu dit “ 44 Pongo ” à Kékem. A la suite de cet éboulement, l’axe routier Bafoussam-Douala s’était coupé en deux. Causant d’énormes pertes pour l’économie nationale, les transporteurs étaient obligés d’emprunter une voie de contournement plus coûteuse.

Source : Le Messager
 
 
 
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