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Cameroun: les rebelles de Bakassi affirment ne plus vouloir tuer les otages (02/11/2008)

Un groupe rebelle camerounais qui a revendiqué le rapt de 10 personnes, dont sept Français, a assuré qu'il renonçait à les tuer, comme il en avait fait la menace, et maintenait samedi le flou sur ses revendications.
Par AFP
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Les Bakassi Freedom Fighters (BFF) assurent détenir dix otages capturés dans la nuit de jeudi à vendredi sur un navire du groupe français Bourbon, le Bourbon Sagitta, opérant sur un terminal pétrolier, au large de la péninsule de Bakassi, à la frontière avec le Nigeria.

La France estime qu'il est "de plus en plus crédible" que les BFF détiennent bien les 10 otages, a déclaré samedi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Eric Chevallier.

"Nous n'allons pas les tuer. Nous avons changé d'avis après une réunion. Il n'y a plus d'ultimatum", a affirmé le commandant Ebi Dari, chef des BFF, joint depuis Libreville par téléphone.

"Les otages sont bien traités et nous continuerons à bien les traiter", a-t-il poursuivi, précisant qu'ils étaient détenus dans la péninsule de Bakassi. "Mais, nous ne les relâcherons pas jusqu'à ce que nous obtenions ce que nous voulons: parler avec le gouvernement camerounais", a-t-il assuré.

"Le gouvernement du Cameroun ne nous a pas encore contactés. S'il ne nous appelle pas, nous garderons les otages pour très longtemps. Nous pouvons les garder très, très longtemps", a affirmé le commandant Dari.

Sur la radio française Europe 1, il a précisé : "Nous n'avons aucun problème avec le gouvernement français et nous n'aurions rien à gagner à tuer des Français".

Le commandant a démenti que les motivations soient financières: "On ne veut pas d'argent, on ne veut pas d'argent, ça c'est faux", a-t-il affirmé.

Il a également mis en garde les autorités contre une intervention militaire: "Si le Cameroun vient pour ça, ah... Là, ça va aller mal pour nos otages. Ils vont tous mourir. S'il essaie, il sait très bien qu'on va le faire, il nous connaît, il ne peut pas faire ça".

Parmi ces otages, sept sont Français, dont l'un est Franco-Sénégalais, deux sont Camerounais et un autre Tunisien.

 
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La veille, un autre responsable des BFF, le brigadier Akipee, avait menacé à plusieurs reprises de tuer les otages un par un avant lundi. "Si vous ne dites pas au gouvernement camerounais de venir ici (à Bakassi) discuter avec nous, nous les tuerons tous dans trois jours", avait-il notamment déclaré.

La veille également, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner avait indiqué que la France n'était pas en contact avec les ravisseurs.

Selon M. Chevallier, le fait "que les ravisseurs ne veulent plus tuer les otages), c'est un soulagement parce que les déclarations d'hier étaient préoccupantes mais on était prudent sur la réalité de ces revendications hier, on reste prudent aujourd'hui".

Les motivations du groupe qui affirme agir au nom des "gens de Bakassi" restent floues. Le brigadier Akipee avait parlé "d'autodétermination" mais selon des sources proches des militaires camerounais, ils chercheraient surtout des "compensations financières".

Le gouvernement camerounais, qui a affirmé vendredi "mettre tout en oeuvre" pour la libération des otages, a dépêché sur place le ministre chargé des Relations avec le Commonwealth, Joseph Dion Ngute, spécialiste du secteur.

La péninsule de Bakassi, dont les eaux sont potentiellement riches en pétrole et gaz, est une région de mangrove instable où de nombreux groupes armés sont actifs. Elle a été rétrocédée au Cameroun par le Nigeria le 14 août après quinze ans d'un différend frontalier.

Les cinq membres d'équipage du Bourbon Sagitta, qui n'ont pas été enlevés, ont convoyé le bateau jusqu'à Douala où il est arrivé dans la matinée. Ils ont été accueillis par une équipe de Total et de Bourbon qui avaient dépéché des spécialistes de ce genre de situation, a-t-on appris de sources concordantes.
 
 
 
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