Cameroun: Le séjour de Abah Abah et de Olanguena à la Dppj
(02/04/2008)
Opération Epervier (Cameroun): En tout neuf personnes sont placées en garde à vue depuis lundi dernier.
Par Claude Tadjon
Après la perquisition effectuée lundi après-midi au domicile de l'ancien ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono, au quartier Emana à Yaoundé, les enquêteurs de la police judiciaire ont mis le cap hier, autour de 17h30, à Odza, au domicile de l'ancien ministre de l'Economie et des Finances.
La résidence de Polycarpe Abah Abah a été fouillée par des policiers, sous la conduite du chef de la division provinciale de la police judiciaire pour le Centre (Dppj), le commissaire principal Enyegué Mbolong, indiquent nos sources.
Au moment où nous mettions sous presse hier soir, la perquisition s'était achevée peu après 19h30, à en croire nos sources sur place. M. Polycarpe Abah Abah a ensuite été reconduit, sous forte escorte, vers les locaux de la police judiciaire à Elig-Essono, où il est placé en garde-à-vue. La veille déjà, indiquent nos sources, la perquisition au domicile de M. Urbain Olanguena s'était achevée autour de 21h.
A la direction de la police judiciaire, où l'ancien ministre de l'Economie et des Finances et son collègue de la Santé publique ont passé leur deuxième nuit hier, le secret est de mise sur les conditions de leur garde à vue. Mais nos sources indiquent que MM. Polycarpe Abah Abah et Urbain Olanguena ont passé la nuit de lundi à mardi derniers dans une pièce aménagée au service des interventions et des recherches (Sir) au rez-de-chaussée de l'immeuble abritant les services de la Dpj à Elig-Essono. Il s'agit d'un bâtiment de trois étages réputé infesté de moustiques, surtout dans la nuit. Nos sources confient que les deux anciens membres du gouvernement ont eu chacun pour matériel de couchage, un matelas posé à même le sol. Autorisation a néanmoins été donnée à leurs épouses de revêtir ces mousses de draps. Jusqu'à hier, les membres des familles étaient autorisés à rencontrer les deux anciens ministres.
D'après nos sources, sept autres personnes sont placées en garde-à-vue à la Dpj, dans le cadre de l'opération dite épervier II. Il s'agit de Dr Hubert Wang, coordonnateur du programme national de lutte contre la tuberculose, Dr Okala Abodo, coordonnateur du programme national de lutte contre le paludisme, Dr Maurice Fezeu, secrétaire permanent du comité national de lutte contre le paludisme. Mais aussi de Hélène Mewoulou, Sylvain Ngono, Zacharie Abongo et Rose Chia Banfegha. Cette dernière, l'une des deux femmes du groupe, autrefois haut cadre au ministère de l'Economie et des Finances, a été transférée à la Dpj à Yaoundé tard dans la nuit de lundi dernier. Elle a été interpellée par des policiers dans la province du Sud-Ouest. D'après nos sources, son transfert a été effectué par le chef de la division provinciale de la police judiciaire (Dppj) pour le Sud-Ouest en personne. Au total, ce sont donc neuf personnes qui sont en garde-à-vue.
Visiblement souffrant, l'ancien trésorier payeur général, Etogo Mbezélé, a bénéficié d'une liberté pour suivre des soins. Le flou plane toujours sur les accusations qui pèsent contre toutes les personnes arrêtées. Toutefois, d'après certaines indiscrétions, on parle de remboursement de crédits Tva en ce qui concerne M. Polycarpe Abah Abah. L'on annonce par ailleurs des recherches actives lancées contre certains suspects en fuite, notamment, dans le dossier des détournements présumés de fonds publics au ministère de la Santé.
Liste des 10 personnes interpellées au 1er avril 2008
- Polycarpe Abah Abah, ex-ministr des Finances
- U. Olanguena Awono, ex-ministre de la Santé
- Dr Hubert Wang, coordonnateur du programme national de lutte contre la tuberculose,
- Dr Okala Abodo, coordonnateur du programme national de lutte contre le paludisme,
- Dr Maurice Fezeu, secrétaire permanent du comité national de lutte contre le paludisme.
- Hélène Mewoulou,
- Sylvain Ngono,
- Zacharie Abongo
- Rose Chia Banfegha
- Etogo Mbezele, (en liberté pour raisons de santé).