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Cameroun : l'un des otages de Bakassi se confie (14/11/2008)

Florentin Coulais, Français de 20 ans originaire de la Vendée, et revenu sur sa période de rétention qu'il a trouvée plutôt "agréable".
Par AFP
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Florentin Coulais, l'un des 10 kidnappés de Bakassi
Florentin Coulais, l'un des 10 kidnappés de Bakassi
Florentin Coulais, marin du Bourbon Sagitta est resté avec 9 autres personnes en captivité pendant près de deux semaines. Il est revenu sur son séjour, l'attitude des Bakassi Freedom Fighters, ainsi que les conditions de détention.

Concernant leur capture, Florentin a défini dans les détails : "Il était minuit. Je venais de dormir trois heures et m'habillais pour prendre mon quart. Les ravisseurs sont arrivés avec trois pirogues, ont tiré en l'air et sont montés à bord, ce qui est facile sur ce genre de bateau. On a tout de suite compris ce qu'il se passait. Mais on pensait qu'ils cherchaient du matériel.

Habituellement, ils font leur marché et s'en vont. On s'est enfermés mais ils ont cassé les vitres. Alors nous avons ouvert la porte. La consigne est de ne pas résister, nous ne sommes pas des militaires. Ils nous ont embarqués sur deux pirogues et sont repartis tranquillement. Après quatre ou cinq heures de navigation, dans la nuit et sans lumière, nous sommes arrivés à leur campement. Là, tu te demandes vraiment ce qui va se passer..."
 
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Nous étions des otages trois étoiles !
Concernant les conditions de détention, Florentin a confié qu'elles n'étaient pas si désagréables. Les difficultés étaient surtout liées à l'environnement : moustiques, rareté de l'eau... Mais il affirme qu'ils ont été bien traités : "Nous avons marché 500 m dans les terres jusqu'à une cabane en bois construite spécialement pour nous. Un toit en tôles, des matelas en mousse, un réfrigérateur, la radio, une télé, deux ventilateurs dont un neuf. Des otages trois étoiles ! Nous avons été correctement nourris : spaghettis, riz, sauce tomate, oignons, conserves de boeuf et de l'eau en bouteille capsulée. Mais on ne mangeait pas beaucoup.

J'ai perdu 5 kg, surtout à rester inactif. Ils passaient des films, je sais tout de L'arme fatale. Les gardiens étaient dans la cabane avec nous, avec des armes automatiques. Il y avait beaucoup de moustiques. On se lavait à l'eau de pluie, plus que sommairement."
 
Nous n'avions de valeur que vivants
Concernant leurs relations avec les ravisseurs, Florentin a avoué qu'elles étaient plutôt bonnes. En effet, leurs ravisseurs leur avaient confié que les affirmations selon lesquelles ils comptaient tuer les otages, ou qu'un des otages avait trouvé la mort étaient des coups de bluff pour entraîner le gouvernement dans leur sens.

"Au début, c'était très tendu. À la radio, on entendait les infos, la menace de tuer des otages. Mais leur chef nous a expliqué qu'ils bluffaient, tout comme ils bluffaient aussi en annonçant la mort d'un des otages après une prétendue attaque nigériane. On n'avait une valeur que vivants. On était soulagés mais toujours inquiet, craignant surtout une intervention extérieure qui aurait fait un carnage. Ils étaient plutôt cool avec nous, mais la population n'avait pas le droit de nous voir. On se parlait en anglais.", a confié Florentin sur l'attitude des ravisseurs, avant d'évoquer la libération :"Ils nous ont réveillés très tôt le matin. On n'y croyait pas vraiment car ils disaient toujours qu'on rentrait le lendemain. Mais là, ils nous ont embarqués sur des pirogues. Cachés dans un bras de rivière, nous avons attendu sept heures, assis sur une planche en bois. Puis nous sommes allés en mer et avons été transférés sur un bateau. J'ai vu des militaires, sans doute camerounais, et deux Blancs. On ressentait une énorme tension. Là, on y croit seulement quand le bateau s'éloigne. ".

Aujourd'hui, Florentin se dit heureux et voit la vie avec un optimisme nouveau : " Aujourd'hui, je savoure un tas de petites choses que je ne remarquais pas avant. J'ai appris beaucoup sur moi-même. Tu subis. Tu n'es plus maître de ta vie. Tu es inquiet pour toi et pour l'inquiétude de ta famille, de tes proches. Un vrai sentiment d'impuissance. Humainement, c'est fort. Et je ne souhaite ça à personne !
 
 
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