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Cameroun : l'enfer des prisons (13/09/2008)

Vétustes et surpeuplées, les prisons au Cameroun sont un "enfer", disent certains, où de multiples tentatives d'évasions et des incendies dramatiques enregistrés récemment, font craindre le pire.
Par Afriquecentrale.info
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Au Cameroun, les prisons sont devenues un enfer
Au Cameroun, les prisons sont devenues un enfer
Vétustes et surpeuplées, les prisons au Cameroun sont un "enfer", disent certains, où de multiples tentatives d'évasions et des incendies dramatiques enregistrés récemment, font craindre le pire.

Malgré une capacité d'accueil de 10.070 places, les 74 prisons camerounaises retenaient 24.514 personnes en juillet, selon des statistiques de l'administration pénitentiaire. Ces détenus étaient constitués d'une majorité de prévenus (14.881) et de 9.633 condamnés, gardés par un peu plus de 1.500 agents.

"Ce ratio" d'un gardien pour 15 détenus suscite les craintes des responsables qui estiment que l'encadrement est insuffisant et favorise toutes sortes de débordements.

"Il existe un grave déséquilibre entre la population carcérale et le personnel d’encadrement et il y a un grand besoin de ce personnel", a confié un administrateur des prisons, soulignant que "le bon ratio serait d'au moins un gardien pour cinq prisonniers".

De nombreux autres experts constatent que dans les prisons camerounaises si l'encadrement laisse à désirer, la vétusté peut en faire un "véritable enfer" suscitant troubles et actes de violences.

 
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La prison de New Bell, l'établissement pénitentiaire du grand port de Douala, la capitale économique du pays dans le sud, a enregistré en juin la mort de seize prisonniers lors d'une tentative d'évasion, tandis que neuf sont morts dans l'incendie d'un des quartiers fin août, probablement allumé par des détenus.

"Ce qui s'y passe dépasse tout ce qu'on peut imaginer", estime Madeleine Afité, de l'ONG Action des chrétiens contre la torture (Acat).

Erigée en 1935 et délabrée à l'instar de nombreux autres établissements, elle compte plus de 3.500 prisonniers pour une capacité d'accueil de 800 détenus.

Dans celle de Kondengui à Yaoundé, où s'entassent plus de 4.000 détenus pour une capacité de mille pensionnaires selon la gendarmerie, une fouille a permis en août de découvrir 230 couteaux, 77 tournevis, des scies à métaux, des barres de fer etc...

Les autorités pénitentiaires sont conscientes de la situation difficile et estiment qu'il faudrait "désengorger" dans les grandes villes les prisons les plus encombrées.

Mais elles constatent que "les crédits sont insuffisants" pour ce secteur. Ces mêmes responsables se heurtent également à l'insuffisance des crédits pour la nourriture. Les crédits, souligne l'administration pénitentiaire, "sont bien maigres après l’augmentation des prix des denrées alimentaires" intervenue ces derniers mois au Cameroun, comme dans d'autres pays africains.

Le ministre de la Justice Amadou Ali expliquait récemment qu’une des raisons du maintien de détenus dans les grandes villes étaient dû au fait qu'ils étaient ainsi proches de leurs familles qui pouvait leur apporter la nourriture.

Admettant que la situation est "explosive", les autorités ont engagé, avec l'aide de l'Union européenne (UE), un "projet de modernisation des prisons et de préparation à la réinsertion sociale des détenus".

D'une durée de trois ans, ce plan a pour objectif de construire six nouvelles prisons de 300 places chacune et la réhabilitation de 22 autres établissements.

Il cherche aussi à développer des programmes de formation dans le secteur de l'élevage, de l'artisanat et des métiers du bois afin de faciliter la réinsertion des prisonniers, dont certains disent que ceux qui sortent actuellement sont "encore plus criminels qu'en y entrant".
 
 
 
 
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