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Cameroun : Amnesty International dénonce la banalisation de la torture dans la lutte contre Boko Haram
(22/07/2017)
u moins 130 hommes et jeunes hommes sont portés disparus depuis 2014 et au moins une centaine ont été tenus au secret et torturés en toute impunité.
Par Rédaction
Boko Haram n’est pas vaincu. Que ce soit dans le nord du Nigeria, leur fief historique, ou dans les pays voisins qui leur ont déclaré la guerre, les djihadistes, qui ont prêté allégeance à l’organisation Etat islamique (EI), continuent de semer la mort, le plus souvent en envoyant des bombes humaines se faire exploser dans des lieux publics. Au Cameroun, dans la région de l’Extrême-Nord, au moins 23 attaques-suicides ont été comptabilisées depuis avril. Lors des quatre dernières années, Boko Haram porte la responsabilité de la mort d’au moins 1 500 civils dans cette région, selon Amnesty International (AI).


Immanquablement, semble-t-il, la lutte antiterroriste s’accompagne de crimes et d’abus qui ne font qu’augmenter à mesure que le combat se prolonge. Après avoir déjà pointé en 2015 puis 2016 « les fréquents manquements des autorités et des forces de sécurité camerounaises au regard de ces obligations », l’organisation de défense des droits de l’homme démontre, dans un rapport publié jeudi 20 juillet et intitulé « Chambres de torture secrètes au Cameroun », que « le recours à la torture par des agents de l’Etat dans le cadre de la lutte contre Boko Haram est aujourd’hui (…) banalisé, et ce en toute impunité ».

« Nous avons une multitude de preuves irréfutables, des témoignages, des vidéos, qui montrent que des crimes de guerre ont été commis », affirme Ilaria Allegrozzi, l’auteure de ce rapport qui s’appuie sur les cas de 101 personnes détenues au secret, torturées et, pour certaines d’entre elles, tuées par les forces de sécurité camerounaises entre mars 2013 et mars 2017, dans des centres gérés par l’armée et les services de renseignement.

« Ce ne sont pas des combattants arrêtés les armes à la main, mais ce sont pour l’essentiel des personnes qui ont eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, interpellées sans mandat officiel, ciblées parce qu’elles sont originaires du nord du Cameroun, musulmanes, d’ethnie Kanouri, réfugiées ou faisant des affaires au Nigeria », détaille la chercheuse. Si la majorité des victimes, « souvent dénoncées par des voisins qui cherchaient à régler des contentieux personnels », sont essentiellement des hommes âgés de 18 à 45 ans, des femmes, des mineurs et des handicapés ont également été soumis à des violences destinées à leur extirper des aveux, « mais également pour les punir, les terroriser ou les intimider ». Vingt-quatre méthodes de torture différentes ont été recensées par l’ONG mais, pour Yaoundé, ces pratiques ne relèvent que d’une « exploitation approfondie »



Ces sévices peuvent cependant être mortels. « Sur les 101 victimes interrogées, 32 déclarent avoir vu des individus mourir des suites des actes de torture qui leur avaient été infligés », note AI. Au moins 130 hommes et jeunes garçons sont toujours portés disparus après avoir été raflés par les forces de sécurité camerounaises dans les villages de Madame et de Double, le 28 décembre 2014.


« Ce ne sont pas des combattants arrêtés les armes à la main, mais ce sont pour l’essentiel des personnes qui ont eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, interpellées sans mandat officiel, ciblées parce qu’elles sont originaires du nord du Cameroun, musulmanes, d’ethnie Kanouri, réfugiées ou faisant des affaires au Nigeria », détaille la chercheuse. Si la majorité des victimes, « souvent dénoncées par des voisins qui cherchaient à régler des contentieux personnels », sont essentiellement des hommes âgés de 18 à 45 ans, des femmes, des mineurs et des handicapés ont également été soumis à des violences destinées à leur extirper des aveux, « mais également pour les punir, les terroriser ou les intimider ». Vingt-quatre méthodes de torture différentes ont été recensées par l’ONG mais, pour Yaoundé, ces pratiques ne relèvent que d’une « exploitation approfondie ».

Peuvent cependant être mortels. « Sur les 101 victimes interrogées, 32 déclarent avoir vu des individus mourir des suites des actes de torture qui leur avaient été infligés », note AI. Au moins 130 hommes et jeunes garçons sont toujours portés disparus après avoir été raflés par les forces de sécurité camerounaises dans les villages de Madame et de Double, le 28 décembre 2014.



« En comparant plusieurs témoignages, corroborés par des images prises par satellite et d’autres éléments vidéo et photographiques », l’ONG a identifié vingt sites où des détenus ont été maltraités. Deux centres, « où 80 cas de torture et de détention au secret » ont été relevés, retiennent davantage l’attention : l’un connu sous le nom de DGRE « Lac », situé près de l’Assemblée nationale à Yaoundé et administré par la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), l’autre étant le quartier général du Bataillon d’intervention rapide (BIR) à Salak, dans l’Extrême-Nord.
Planche à clou

« A Salak, j’étais enchaîné en permanence, raconte un ancien détenu. Je ne recevais qu’un repas par jour et j’ai été torturé à au moins trois reprises. Les deux premières fois, des hommes en civil m’ont brutalement frappé sur tout le corps à l’aide de câbles électriques, en me demandant en français d’avouer mon appartenance à Boko Haram. La troisième fois, ils ont essayé de me forcer à manger du porc. Comme je suis musulman, j’ai refusé. J’ai alors été torturé. A l’aide d’une chaîne et d’une planche de laquelle dépassait un clou, ils m’ont frappé à plusieurs reprises sur tout le corps, et en particulier sur les jambes et les chevilles. Les coups étaient si nombreux que je me suis évanoui. »

Au moins 130 hommes et jeunes hommes sont portés disparus depuis 2014 et au moins une centaine ont été tenus au secret et torturés en toute impunité.







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