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Cameroun - Opération Epervier : Etondè Ekoto chassé de l’hôpital (17/11/2008)

Interné à l’Hôpital général de Douala, le colonel Etondè Ekoto a été précipitamment renvoyé à New-Bell.
Par Le Messager (Franck Essomba)
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Edouard Nathanael Etonde Ekotto
Edouard Nathanael Etonde Ekotto
On l’a vu tout croulant mercredi 12 novembre dernier à la Cour d’appel du Littoral à Douala. Le colonel Edouard Nathanaël Etondè Ekoto, qui a fait appel de sa condamnation en instance à 15 ans d’emprisonnement pour complicité de détournement du temps où il était président du conseil d’administration du Port autonome de Douala, n’arrivait pas à se déplacer, même avec des béquilles.

Alors qu’il avait été extrait de sa cellule de la prison centrale de Douala (New-Bell), il a été transporté comme un impotent pour monter les escaliers du Palais de justice, puis à l’étage, il a été installé dans une chaise roulante afin de se mouvoir sur terrain plat. Ceux qui connaissaient le col. Etondè Ekoto avant qu’il n’aille en prison peuvent s’imaginer une scène de théâtre pour clowns. Que non ! Le vigoureux homme, à l’armature physique d’un Akim ou d’un Zembla, semble devenir l’ombre de lui-même.

De l’avis de certains de ses proches, il a été sorti le 04 novembre 2008 de l’Hôpital général de Douala où il suivait des soins médicaux, pour être renvoyé en prison alors qu’il n’était pas encore au point pour y retourner. Le colonel avait été admis de ce centre hospitalier le 17 octobre parce que son état de santé s’aggravait dans le pénitencier. Selon le rapport médical de l’Hôpital général, il souffrait de “ coxite droite d’étiologie infectieuse ”.

A son admission, le patient avait indiqué qu’il avait des douleurs inguinales droite évoluant de manière insidieuse depuis environ quatre semaines. Ces douleurs irradiaient en ceinture, sans lombalgie et dans le membre inférieur droit, causant une impotence fonctionnelle. Celles-ci entraînaient aussi des difficultés à entrer et sortir d’une voiture, à enfiler des chaussettes et imposaient l’utilisation d’aide de marche (cannes anglaises).
 
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Après son renvoi à New-Bell, Me Emmanuel Pensy, avocat, a attiré l’attention des médecins de l’Hôpital général sur ce qu’il a appelé une “ remise prématurée en milieu carcéral ”. Dans une correspondance le 04 novembre, l’avocat écrit : “ [i Le diagnostic de la coxite entraîne au plan médical des précautions de suivi incompatibles avec le milieu carcéral […] Les conditions dans la prison de New-Bell sont excessivement difficiles et l’environnement microbien ne peut en aucun cas favoriser une rééducation puisque ce dernier ne peut pas se mouvoir seul, se laver, faire des besoins. A l’intérieur de sa cellule qui fait moins de deux mètres carrés, son lit est très bas […] Quand il pleut, l’eau monte sur 70 cm dans sa cellule et il faudrait qu’il fasse des échafauds pour pouvoir se reposer vu [son] âge, 72 ans. ]” Et Me Pensy de s’interroger : “ Les médecin de l’Hôpital général ne s’engagent-ils pas devant de graves risques de nature à entraîner une récidive, voire une aggravation pouvant entraîner une impotence irréversible du colonel… ? ” L’interrogation de l’avocat se fonde autant sur les constats actuels que les prévisions médicales (45 jours d’hospitalisation plus une rééducation) à son entrée à l’Hôpital général. Et sur la menace d’amputation d’une de ses jambes.


Les médecins ont-il reçu des pressions pour “ livrer ” le colonel à son triste sort actuel ? Certains le pensent. Mais le directeur médical du service de médecine interne de l’Hôpital général de Douala, le Dr. Henry N. Luma, se veut serein. En réponse à Me Pensy, il a indiqué que “ l’évolution de l’état de santé du colonel a été satisfaisante avec un traitement à continuer en externe et un rendez-vous pour une réévaluation clinique. ” Quant aux conditions carcérales, le médecin recommande à l’avocat de s’adresser à “ l’administration compétente ”.

Au-delà de cet échange épistolaire, le prévenu Etondè souffre. Comme lui, de nombreux détenus supportent un état de santé rendu très précaire par les conditions de détention. D’où l’urgence d’humaniser le visage de la prison, qu’elle soit un lieu de punition à la juste mesure des fautes commises et non le vestibule de la mort.

 
Source : Le Messager
 
 
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