Cameroun - Ngaoundéré : Le défaut d'eau potable à l'origine des cas de typhoïde.
(04/12/2008)
Faute d'une adduction d'eau à l'université, les populations s'approvisionnent dans des entendues insalubres.
Par Mutations (Yannick Yemga)
L"eau potable se fait très rare au Cameroun
Le fait est permanent ces dernières semaines à Dang pour ne pas être relevé. Les
coupures d'eau sont devenues récurrentes sur le réseau de la société en charge
de la distribution de l'eau. Les étudiants pour leur part dénoncent même la
qualité du liquide fournie par "la Camerounaise des eaux". D'où croient t-ils
savoir les nombreux cas de typhoïde recensés aussi bien au centre médico-social
qu'au centre de Santé intégré de Dang. Malgré les assurances des responsables de
la défunte Snec, l'eau qui coule du robinet laisse planer des particules. Asta
M. confie que, "il faut parfois attendre plusieurs minutes avant de pouvoir
utiliser l'eau qui sort du robinet. Parce qu'on observe des particules au fond
de l'eau. On a parfois recours au filtre à eau. Moi je préfère encore cette eau
par rapport à ce qu'on trouve dans les forages."
Lesquels forages donnent l'impression en ce début de saison brumeuse d'être
insuffisants. Parce qu'en effet, le spectacle toujours saisissant des longues
files d'attente devant les rares forages ayant survécus à l'usure du temps et
des saisons, est loin semble t-il de contredire cette vérité de l'apâlisse. Bien
au contraire, nous confie avec nostalgie un enseignant de l'Un résident à Dang
depuis 1995, "il est bien loin le temps ou l'on pouvait se rendre dans un forage
après une coupure d'eau, sans devoir y passer toute sa journée". Des
propos qui illustrent fort bien la réalité puisqu'il est des zones et des
périodes ou il faut se lever au plus tard à quatre heures du matin pour espérer
glaner quelques litres d'eau
Réaction
Une situation qui du reste s'est corsée ces dernières années avec l'augmentation
de la population estudiantine, mais surtout par la mise hors service de certains
forages. Les étudiants de l'institution des bords du lac ont donc fini par
s'habituer à la mauvaise qualité de l'eau mais aussi, aux récurrentes pénuries.
Si le passage de la nationale N°1 près du village universitaire de Dang a été un
des facteurs qui a boosté voire accéléré le développement de cette localité, nul
doute que l'accès a l'eau potable élément essentiel et existentiel s'il en est,
aurait du avoir le mérite de faciliter quelque peu la vie des populations
riveraines. Lesquelles sont constituées dans leur majorité d'étudiants.
Pour Gorsou Pierre, étudiant an Faculté de sciences économique et de gestion,
"l'eau potable est une denrée sans laquelle il n'est pas possible de concevoir
la vie. C'est une donnée sans laquelle le mot vie lui-même est dénué de tout
sens." Et comme la liberté, le précieux liquide est convoité et traqué au
quotidien par de nombreux étudiants qui font à l'occasion de sa quête
existentielle, abstraction d'un climat souvent proche du polaire et d'un relief
plus qu'accidenté. Bien des subterfuges sont donc utilisés par les cops pour
contourner le problème. Par exemple, Serge Essomba étudiant en Faseg, avoue
n'avoir "aucune confiance en la qualité de l'eau qui sort du robinet".
Il précise que "depuis que j'ai été interné pour cause de typhoïde, je traite
systématiquement l'eau que je bois au moyen de l'eau de javel". Si l'on semble
résigné au sujet de la qualité de l'eau potable à Dang, c'est aussi parce que
même les forages qui étaient jadis entretenus sont aujourd'hui pour la plupart
en état de dégradation avancée. Ce, lorsqu'ils ne sont pas tout simplement
insalubres. Les conséquences de ce désastre sanitaire, sont bien perceptibles au
niveau du Cms de l'Un qui se trouve souvent débordé par le nombre sans cesse
croissant des patients, victimes des maladies de l'eau. L'eau c'est la vie, cela
est aussi vrai à Dang que partout ailleurs.
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