Les dossiers seront examinés au cas par cas
Pour le député UMP Etienne Pinte, interviewé mercredi dans Le Parisien, les déclarations gouvernementales expliquant que les dossiers seront
examinés au "cas par cas" sont
"une posture pour éviter d'être accusé de vouloir
régulariser en nombre". "La plupart de ces gens seront effectivement régularisés,
ça me paraît évident", ajoute-t-il.
M. Pinte estime qu'"il faut régulariser
ceux qui sont là depuis de nombreuses années et qui ont des attaches très fortes
avec notre pays".
Le député PS Jean-Louis Bianco remarque aussi que l'examen au cas par cas "est une position en trompe l'oeil". "S'il n'y a pas de critères, cas par cas veut
dire arbitraire (...) Au lieu de faire du chiffre, il faut au contraire afficher
des critères précis: un travail régulier, un logement, une ancienneté et une bonne intégration", explique-t-il dans Le Parisien. Le bureau national du PS a demandé mardi soir au gouvernement,
outre la "régularisation des salariés", le rétablissement de "critères dans la politique
d'immigration dont le contrat de travail est un élément essentiel".
Le président de la Cimade, Patrick Peugeot, a lui aussi réclamé mercredi une clarification
des critères de régularisation pour éviter toute "iniquité" de traitement. "Cette
formule passe-partout du +cas par cas+, a-t-il dit sur France Inter, c'est la porte
ouverte à beaucoup d'aléas dans les décisions". "Nous, qui sommes dans tous les
départements, nous voyons bien des décisions complètement différentes dans un sens
ou dans l'autre", a-t-il ajouté. Pour cette clarification des critères de régularisation,
Patrick Peugeot a réclamé un "Matignon des travailleurs sans papiers".
Dans l'entourage du ministre de l'Immigration, où l'on dit faire preuve d'"un esprit
positif", on souligne qu'il faut se garder de "toute idéologie" en matière de politique
d'immigration. Le directeur de cabinet de Brice
Hortefeux, Thierry Coudert, avait
rappelé mardi après une rencontre avec la CGT consacrée à la grève des 600 salariés
sans papiers que l'"on est dans un processus qui est l'application stricte des textes",
c'est-à-dire l'article 40 de la dernière loi sur l'immigration de novembre 2007
et la circulaire du 7 janvier.
Ces deux dispositions, qui affirment viser un nombre "très limité" de bénéficiaires,
autorisent les préfets à régulariser les étrangers en situation irrégulière, à la
condition qu'ils aient un "engagement ferme de l'employeur" et qu'ils exercent des
métiers manquant de main d'oeuvre. La CGT devait déposer ce mercredi dans 5 préfectures
d'Ile de France les dossiers des salariés sans papiers en vue de leur régularisation.