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Affaire Bamkoui : Le commissaire du gouvernement prescrit une autopsie (19/11/2008)

Les enquêtes se poursuivent à la Légion de gendarmerie alors que l'ambiance au Commissariat de l'aéroport de Douala est triste.
Par Mutations (Marion Oban)
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C'est dès l'entrée du parking des véhicules de l'aéroport international de Douala qu'on prend le pouls de l'affaire qui défraie la chronique dans la capitale économique depuis près d'une semaine, et qui met en cause le commandant du Groupement territorial de gendarmerie de Douala, Emile Bamkoui. En effet, chacune sur la dizaine d'attroupements qui jalonnent les escaliers menant à l'intérieur de l'aéroport, a son idée sur le crime survenu dans la nuit de jeudi 13 à vendredi 14 novembre 2008 au camp des officiers de la gendarmerie à Mboppi.

Un fait reste constant cependant : le commandant Bamkoui a tiré plusieurs balles sur l'inspecteur Hervé Michel Mapouro, collègue de Danielle Bamkoui son épouse, qu'il soupçonnait d'être son amant. Dans le hall de l'aéroport, le kiosque à journaux attire de nombreux curieux. On y retrouve notamment une foule bigarrée de voyageurs, chargeurs, agents de change et policiers. Tous ont les yeux rivés sur les titres qui se rapprochent de l'affaire.

"Est ce que le Commandant Bamkoui était obligé de tuer l'inspecteur? La femme là a quoi de plus que les autres pour qu'il arrive à tuer pour elle?", lance un de ces lecteurs de Une. Des voix s'élèvent. Chacun y va de son explication. Mais au cœur de ce brouhaha, les policiers ne disent rien. Absolument rien. Ils lisent. Simplement. Manifestement pour essayer de comprendre. Passé cet endroit bruyant, il règne un silence pesant à l'intérieur du commissariat de l'aéroport.

Hier, mardi 18 novembre 2008, le lieu où Hervé Michel Mapouro et Danielle Bamkoui travaillaient encore jusqu'à cette fameuse nuit de jeudi 13 novembre 2008, est plutôt calme. On parle à voix basse. On ne claque pas les portes. La tristesse est perceptible sur les visages. On essaye de la cacher quand on reçoit un usager. Dès que la porte du service des visas où travaille Danielle Bamkoui s'ouvre, les conversations autour de l'affaire s'arrêtent. La concernée, elle, n'a pas repris le service depuis le drame.
 
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Pourquoi ce silence ? "Nous sommes en deuil. Nous avons perdu un collègue, même si l'autre reste en vie ", lance un policier. Mais le visage se ferme aussitôt quand on décline son identité de journaliste. Tous renvoient au commissaire et regrettent même d'avoir évoqué l'affaire. Le commissaire de l'aéroport international de Douala, Ella Menye, bien que "disposé" à donner des informations "regrette de ne pas en avoir. Car non seulement je suis nouveau ici pour avoir pris fonction il y'a à peine trois mois, mais quand cette affaire s'est passée, j'étais permissionnaire. Je ne puis vous dire s'ils travaillaient bien ou pas car je ne les avais pas encore évalué. Mais la perte d'un collaborateur est attristante ".

Personne ici ne conteste cependant la "familiarité" et "la trop grande complicité" qui liait Danielle Bamkoui et le désormais feu Hervé Michel Mapouro. Un policier sous anonymat regrette seulement "que Danielle Bamkoui n'a pas été discrète dans ses batifolages, même au bureau. En la voyant faire, on avait beaucoup de mal à croire qu'elle était une femme mariée." Du côté de la famille du défunt inspecteur Mapouro, on n'a par ailleurs pas baissé les bras.
Accompagnés de leurs conseils, les membres de la famille du défunt ont rencontré le commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Douala hier. Ce dernier, selon certaines indiscrétions, aurait accédé à la requête introduite par la famille de l'inspecteur de police aux fins de permettre qu'une autopsie soit faite avant la levée de corps. Ledit commissaire aurait notamment promis de faire une réquisition auprès d'un médecin légiste, mais la date à laquelle cette autopsie doit être faite n'est pas encore fixée.

La famille du défunt confirme par ailleurs qu'elle se constituera partie civile dans le cadre de la procédure annonceé au tribunal militaire contre le Commandant Bamkoui pour "homicide volontaire". "Nous souhaitons simplement que l'honneur de notre frère reste sauf, parce que depuis qu'il a débuté sa carrière dans la police, il n'avait jamais reçu un simple blâme. Au contraire, il n'a eu que des félicitations de sa hiérarchie. Nous faisons confiance en la justice de notre pays pour que toute la vérité soit faite autour de ce meurtre", indique Georges Ndam, le frère aîné de l'inspecteur assassiné. Parallèlement, la commission d'enquête continue ses investigations au niveau de la Légion de la gendarmerie du Littoral où, selon certaines indiscrétions, d'autres auditions des témoins ont eu lieu hier.
 
 
 
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