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C’est par ce message reçu à 21h02 qu’Alexandre Siewe, sous-directeur de la Communication à Aes-Sonel, société chargée de la production et de la distribution de l’énergie électrique au Cameroun, a alerté des clients de cette entreprise qui depuis plus d’une heure était sans électricité. Un message qui se veut rassurant mais ne traduit pas assez l’ampleur de l’interruption dans la distribution vécue dans la nuit d’hier sur l’essentiel de la partie Sud du pays alimentée à partir du barrage de Song-Loulou.
De Douala à Ebolowa en passant par Edéa, Yaoundé, Bafoussam, Nkongsamba…, les populations ont été subitement plongées dans le noir autour de 20h. Une tentative de remise en marche du réseau juste après la première coupure va tourner court et affecté tout le réseau. Les groupes d’alimentation lâchent à Song-Loulou, la centrale hydroélectrique à partir de laquelle la partie sud du pays est alimentée. Les seules villes des provinces méridionales du pays qui ne subissent pas cette coupure sont celles qui sont alimentées à partir d’une centrale thermique. L’interruption s’est d’abord signalée par une baisse de tension avant le black-out total.
Palais de l’Unité
A Yaoundé, Même la présidence de la République n’a pas été épargnée. Peu avant 21h, des informations faisaient état d’une défection du groupe électrogène relais qui n’a pas automatiquement démarré une fois que la fourniture classique était suspendue. Même après son démarrage, ce groupe électrogène n’a pas pu alimenter le palais de l’Unité et tout son périmètre. Notamment les résidences autour du palais et qui sont occupées par des officiers de la Garde présidentielle et de la Division de la sécurité présidentielle. Un tour à la périphérie du site vers 21h a permis de se rendre compte de ce que le poste de contrôle situé à l’entrée du palais du côté d’Etoudi n’était pas alimenté. Nombre de maisons du quartier présidentiel, notamment celles situées sur l’axe qui relie Mballa II à Etoudi baignaient également dans la pénombre.
Selon les services de la communication d’Aes-Sonel, c’est à partir de 22h que l’énergie électrique a commencé à être rétablie en priorité à Yaoundé, la capitale. La part belle étant d’abord faite aux "services et zones sensibles". Il s’agit de : la présidence de la République, les bases militaires, les missions diplomatiques. Le but poursuivi étant de dissiper rapidement des esprits, notamment ceux des diplomates, la perspective d’un péril sécuritaire. Le point d’interconnexion défectueux n’étant pas clairement identifié, le retour à la normale se fait à tâtons. C'est-à-dire point par point, à la limite quartier par quartier et ville par ville. C’est la deuxième fois en l’espace d’un semestre que pareil incident survient sur le réseau d’Aes Sonel générant un black-out sur toute la partie Sud du pays.
L’incident d’hier soir survient au lendemain de la pose de la première pierre de la centrale à fioul lourd de Yassa à la périphérie de Douala. Un investissement visant à accroitre l’offre énergétique d’Aes Sonel dont les prestations sont querellées par les clients surtout depuis la privatisation de la Société nationale d’électricité. Jusqu’au moment où nous mettions sous presse, l’hypothèse avancée par Aes-Sonel en attendant un diagnostic plus fiable ce jour de ses services techniques était celle d’un orage qui a affecté un point d’interconnexion proche de la source de production. |